Tribune libre de Pablo Morgenstern, Directeur France d’ONLOGIST

Acheter, arbitrer ou transférer des véhicules à l’échelle européenne est devenu un levier quotidien pour les professionnels de l’automobile. Loueurs, marchands, enchérisseurs et groupes de distribution s’appuient désormais sur l’Europe entière pour équilibrer leurs stocks d’occasion et maximiser leurs valeurs de revente. Mais si l’opportunité commerciale est évidente, l’exécution logistique transfrontalière demeure le principal goulot d’étranglement de la rotation des flottes.

L’Allemagne et la France au cœur de la recomposition des flux

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la France a déjà comptabilisé plus de 400 transferts transfrontaliers via notre plateforme en 2026, un volume qui dépasse d’ores et déjà les totaux annuels des années précédentes. Les périmètres d’approvisionnement s’élargissent en parallèle : la distance moyenne des trajets atteint désormais 938 km, contre 660 km deux ans plus tôt. L’axe Allemagne-France domine cette dynamique, avec 139 transferts à destination du marché français – reflet direct des écarts de valorisation et de disponibilité entre les deux marchés.

Dépasser les limites de la logistique traditionnelle

Pendant longtemps, le transport routier automobile s’est concentré sur les flux de masse par camions porte-voitures. Or, la gestion moderne des flottes exige une réactivité à l’unité : acheminer un véhicule spécifique pour un client, rapatrier une fin de contrat de location, transférer un lot restreint vers un centre de reconditionnement. Sur un trajet transfrontalier, le transport unitaire se heurte à plusieurs obstacles structurels : délais rallongés faute d’interopérabilité entre acteurs nationaux, absence de standardisation des états des lieux, lourdeur administrative du suivi et de la facturation internationale.

La marketplace digitale comme accélérateur de rotation de stock

Pour fluidifier ces échanges, l’écosystème évolue vers des plateformes combinant marketplace en gré à gré et service de transport managé. Felix Müller, CEO d’ONLOGIST, résume bien l’enjeu :

Pablo Morgenstern

“La gestion moderne des flottes de grands groupes ne connaît plus de frontières : les véhicules doivent pouvoir être repositionnés, revendus ou transférés rapidement d’un pays à l’autre selon les opportunités de marché. Que l’on soit à Lisbonne ou à Paris, les équipes d’un même groupe accèdent aux mêmes chauffeurs et aux mêmes processus – c’est ce qui fait de la logistique transfrontalière un avantage compétitif réel. Les plateformes digitales sont devenues indispensables pour orchestrer ces flux à l’échelle européenne.”


En s’appuyant sur plus de 18 000 prestataires indépendants à travers l’Europe pour plus de 30 000 mouvements mensuels, le transfert transfrontalier unitaire devient aussi fluide et traçable qu’une expédition e-commerce avec des plateformes digitales comme ONLOGIST.

Un enjeu de compétitivité, pas seulement d’opérations

Lever les barrières de la logistique transfrontalière, c’est agir directement sur la rentabilité des parcs : moins de jours d’immobilisation, une rotation accélérée des VO, et la capacité à arbitrer sur l’ensemble du marché européen plutôt que dans un seul pays. Dans un secteur où chaque jour compte, la logistique n’est plus un coût à subir – c’est un avantage concurrentiel à construire.

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