Le marché automobile français confirme sa transformation. En octobre 2026, près de 62 000 voitures électriques neuves ont été immatriculées, représentant plus de 41 % du marché. Une progression spectaculaire par rapport à octobre 2025, où l’électrique pesait 24 % des immatriculations. Autre surprise : la Renault Twingo électrique devient le modèle électrique le plus immatriculé du mois, devant la Renault 5. Derrière ces résultats, les aides à l’achat et l’arrivée de modèles plus accessibles contribuent à modifier le paysage automobile français.
Près de 62 000 voitures électriques immatriculées en octobre
La voiture électrique poursuit sa progression en France.
Selon les données publiées le 2 novembre par AAA Data, 61 958 voitures particulières électriques neuves ont été immatriculées en octobre 2026.
Elles représentent 41,5 % du marché, contre environ 24 % un an plus tôt.
En volume, les immatriculations électriques progressent de 81,7 % sur un an.
Cette accélération intervient alors que l’ensemble du marché automobile français progresse de 7 %, avec 149 340 voitures particulières neuves immatriculées.
L’électrique avance donc nettement plus rapidement que le marché dans son ensemble.
Sur les dix premiers mois de 2026, 449 294 voitures électriques neuves ont été immatriculées, soit environ 32 % du marché.
Ces résultats montrent que la progression ne se limite plus à quelques modèles haut de gamme.
La Renault Twingo électrique devance la Renault 5


La principale surprise du classement d’octobre vient de Renault.
La nouvelle Twingo E-Tech electric prend la première place des immatriculations de voitures électriques avec 4 747 exemplaires.
Elle devance de peu la Renault 5 E-Tech electric, qui totalise 4 666 immatriculations.
La Peugeot e-208 complète le podium avec 3 221 unités.
Les cinq voitures électriques les plus immatriculées en octobre 2026
| Modèle | Immatriculations |
|---|---|
| Renault Twingo électrique | 4 747 |
| Renault 5 E-Tech electric | 4 666 |
| Peugeot e-208 | 3 221 |
| Renault Scénic E-Tech electric | 3 037 |
| Citroën ë-C3 | 2 736 |
Ce classement illustre la place importante prise par les modèles français sur le marché électrique.
La Twingo et la Renault 5 représentent à elles seules plus de 9 400 immatriculations sur le mois.
Leur succès confirme l’intérêt pour les véhicules électriques compacts, adaptés aux déplacements quotidiens.
Il faut toutefois distinguer les immatriculations des commandes : ces chiffres reflètent les véhicules enregistrés pendant le mois, pas nécessairement les décisions d’achat prises en octobre.
Pourquoi les voitures électriques progressent-elles aussi rapidement ?
Plusieurs facteurs expliquent cette accélération.
Le premier concerne les aides financières.
Le dispositif de prime financé par les certificats d’économies d’énergie, les CEE, permet de réduire le coût d’acquisition de certains véhicules électriques neufs.
Le leasing social contribue également à soutenir les immatriculations, avec des offres destinées aux ménages éligibles.
Ces dispositifs peuvent rendre l’électrique plus accessible, notamment pour les automobilistes qui hésitaient encore en raison du prix d’achat.
Le deuxième facteur est l’élargissement de l’offre.
Les constructeurs proposent désormais davantage de petites voitures électriques, avec des autonomies et des équipements adaptés aux besoins quotidiens.
Enfin, les prix élevés des carburants renforcent l’intérêt économique de la recharge électrique pour certains usages.
Il reste cependant difficile d’attribuer précisément la progression d’octobre à un seul de ces facteurs.
Les voitures hybrides restent devant l’électrique
Malgré les performances des modèles électriques, les hybrides conservent la première place du marché français.
En octobre, toutes catégories confondues, elles représentent 44 % des immatriculations, avec 65 925 véhicules.
Cette catégorie regroupe plusieurs technologies : hybrides classiques, micro-hybrides et hybrides rechargeables.
Ces motorisations ne répondent pas toutes aux mêmes besoins.
Les hybrides classiques permettent de réduire la consommation sans nécessiter de recharge externe.
Les hybrides rechargeables peuvent effectuer une partie des trajets en mode électrique, à condition de recharger régulièrement leur batterie.
Quant aux micro-hybrides, leur contribution à la propulsion électrique reste plus limitée.
La progression des voitures 100 % électriques ne signifie donc pas que les automobilistes abandonnent immédiatement les autres motorisations électrifiées.
Le marché évolue plutôt vers une diversification des solutions.
Essence et diesel poursuivent leur recul
Les résultats d’octobre confirment également les difficultés des motorisations thermiques traditionnelles.
Les voitures essence enregistrent 14 909 immatriculations, soit une baisse de 44 % sur un an.
Le diesel recule encore davantage, avec seulement 2 034 immatriculations, en diminution de 65 %.
Sa part de marché se situe désormais autour de 1 %.
Ces résultats traduisent une transformation profonde de l’offre et de la demande.
Les constructeurs réduisent progressivement leurs gammes diesel, tandis que les contraintes réglementaires et fiscales influencent les choix de motorisation.
Pour autant, les voitures essence et diesel restent très présentes dans le parc automobile français et sur le marché de l’occasion.
La baisse des immatriculations neuves ne signifie donc pas leur disparition immédiate des routes.
Les particuliers reviennent dans les concessions
Autre information importante : les ventes aux particuliers progressent de 18 % en octobre.
Elles atteignent 84 757 immatriculations et représentent 57 % du marché des voitures neuves.
Cette évolution est notable dans un secteur où les entreprises, les loueurs et les flottes professionnelles jouent traditionnellement un rôle important.
Elle montre que les ménages contribuent directement à la reprise du marché.
Mais le financement reste déterminant.
La location avec option d’achat et la location longue durée occupent une place importante dans les modes d’acquisition.
Pour comparer les offres, les automobilistes doivent donc regarder au-delà des mensualités affichées.
Le premier loyer, la durée du contrat, le kilométrage autorisé et les frais éventuels de restitution peuvent modifier sensiblement le coût total.
Les voitures électriques d’occasion progressent également
La transition électrique ne concerne plus uniquement les voitures neuves.
En octobre, 27 961 voitures électriques d’occasion ont changé de propriétaire, soit une hausse de 42,8 % sur un an.
Elles représentent désormais 6,23 % du marché de l’occasion.
Cette progression contraste avec le recul de 7,2 % enregistré sur l’ensemble du marché des véhicules d’occasion.
L’arrivée de voitures électriques issues des premières années de leasing contribue progressivement à élargir l’offre disponible.
Pour les automobilistes, cela signifie davantage de choix parmi les véhicules récents.
Avant d’acheter une voiture électrique d’occasion, plusieurs points méritent néanmoins une attention particulière.
L’état de santé de la batterie, les conditions de garantie, l’historique d’entretien et les capacités de recharge sont essentiels.
Il est également recommandé de comparer le prix demandé avec celui d’un modèle neuf bénéficiant éventuellement d’aides financières.
L’électrique peut-il dépasser durablement l’hybride ?
Les résultats d’octobre confirment une tendance déjà observée en septembre, lorsque les voitures électriques représentaient environ 42 % des immatriculations françaises.
Cette stabilité à un niveau élevé est un signal important pour le marché.
Mais elle ne permet pas encore d’affirmer que l’électrique dépassera durablement les hybrides.
Les immatriculations peuvent varier selon les calendriers de livraison, les opérations commerciales et les dispositifs de soutien à l’achat.
Le développement des infrastructures de recharge, les tarifs de l’électricité et le prix des véhicules resteront également déterminants.
Une chose est néanmoins certaine : les voitures électriques ne constituent plus un segment marginal du marché français.
Avec plus de quatre voitures neuves sur dix immatriculées en octobre, elles occupent désormais une place centrale.
Le succès de la Renault Twingo électrique illustre cette évolution : les petits modèles accessibles pourraient jouer un rôle majeur dans la prochaine étape de l’électrification automobile.

