Selon une étude publiée par Caroom, la fiscalité automobile française atteint des niveaux sans équivalent en Europe. Alors que les émissions moyennes de CO₂ des voitures neuves ont fortement diminué depuis 2008, le montant du malus écologique a connu une progression spectaculaire, jusqu’à atteindre 80 000 euros en 2026 pour certains modèles.
Des émissions en baisse, un malus en hausse
D’après les données compilées par Caroom, les émissions moyennes des véhicules neufs vendus en France sont passées de 140 g/km en 2008 à 94 g/km en 2024, soit une baisse de 33 %. Dans le même temps, le plafond du malus écologique a été multiplié par 31, passant de 2 600 € à 80 000 €.
En 2026, près de 72 % des voitures neuves vendues en France seraient concernées par le malus CO₂. Même une citadine populaire comme la Peugeot 208 est désormais soumise à une taxe de 230 €.
Une fiscalité bien plus lourde qu’en Allemagne, en Italie ou en Espagne
L’étude compare la fiscalité automobile dans les 27 pays de l’Union européenne. Les écarts apparaissent particulièrement marqués entre la France et ses voisins.
Quelques exemples pour un véhicule neuf immatriculé en 2026 :
- Ford Mustang V8 GT : 80 000 € de malus en France contre 0 € en Allemagne, 3 952 € en Italie et 7 350 € en Espagne.
- BMW X5 xDrive 30d : 80 000 € en France contre 0 € en Allemagne.
- Volkswagen Golf GTI 265 : 11 112 € en France contre 0 € en Allemagne.
- Tesla Model 3 : aucun malus dans les quatre pays étudiés.
Selon Caroom, aucun des principaux marchés automobiles européens n’applique une fiscalité à l’achat d’une telle ampleur.
Le cas particulier du Peugeot 5008 hybride rechargeable
L’étude met également en avant le cas du Peugeot 5008 PHEV 225. Malgré des émissions homologuées limitées à 63 g/km de CO₂, ce SUV familial de 7 places est frappé par un malus de 6 100 € en France.

Cette taxation ne provient pas du CO₂ mais exclusivement du malus au poids. Avec une masse taxable de 1 923 kg après abattement, le modèle dépasse largement le seuil fixé à 1 500 kg. En Allemagne, ce même véhicule ne supporte aucun malus à l’achat.
L’Allemagne sans malus à l’achat
Caroom souligne que l’Allemagne n’applique aucun malus lors de l’immatriculation d’un véhicule neuf. Le pays privilégie une taxation annuelle liée à l’usage du véhicule.
Malgré cette absence de surtaxe à l’achat, les émissions moyennes des voitures neuves allemandes ont diminué de 29 % depuis 2008, contre 33 % en France. L’écart entre les deux pays ne serait aujourd’hui que de 23 g/km.
Les infrastructures de recharge jugées plus efficaces que les taxes

L’étude établit également une corrélation entre la densité des bornes de recharge et les émissions moyennes de CO₂ des véhicules neufs.
Les pays les mieux équipés, comme les Pays-Bas ou le Danemark, affichent parmi les émissions les plus faibles d’Europe. À l’inverse, les pays disposant de peu d’infrastructures de recharge enregistrent généralement des niveaux d’émissions plus élevés.
Pour Caroom, le développement des infrastructures aurait un impact plus important sur la transition automobile que le seul renforcement de la fiscalité.
Un report croissant vers le marché de l’occasion
Autre conséquence mise en avant : la hausse du malus favoriserait le marché de l’occasion.
En 2025, il se serait vendu 3,3 véhicules d’occasion pour un véhicule neuf en France, contre 2,2 en 2019. Dans le même temps, l’âge moyen des véhicules d’occasion vendus serait passé de 9,2 à 11,1 ans.
Selon Caroom, cette évolution risque de ralentir le renouvellement du parc automobile et de maintenir en circulation des véhicules plus anciens et potentiellement plus émetteurs.
Vers des restrictions publicitaires dès 2028
L’étude rappelle également que la loi Climat et Résilience prévoit l’interdiction de la publicité pour les véhicules neufs émettant plus de 123 g/km de CO₂ à partir de 2028.
Sur le panel étudié par Caroom, huit modèles sur douze seraient concernés par cette mesure, parmi lesquels le Nissan Qashqai, la Volkswagen Golf GTI, le BMW X5 ou encore la Ford Mustang V8 GT.
Source : étude Caroom, mai 2026.
